De Panama à Londres : agir contre la corruption légale et illégale au sommet anticorruption du Royaume-Uni

By Daniel Kaufmann and Alexandra Gillies

Reuters/Darrin Zammit Lupi - Protestors take part in a demonstration calling on Maltese Prime Minister Joseph Muscat to resign after two members of his government were named in the Panama Papers leak scandal, outside the office of the Prime Minister in Valletta, Malta, April 10, 2016.

La fuite des informations du cabinet juridique Mossack Fonseca dans l’affaire des ” Panama Papers a fait et fera la une des journaux pendant des semaines à fur et à mesure de la révélation de nouveaux noms des personnes impliquées. Le scandale a placé le Panama sur le devant de la scène et a donné un aperçu inédit du monde de l’argent caché et de l’évasion fiscale. Afin de mieux saisir le contexte général, il est important de faire la distinction entre la corruption légale, révélée par l’affaire des ” Panama Papers et la corruption illégale, exposée par le scandale Unaoil. Le moment est venu pour les gouvernements de prendre des mesures radicales contre l’une et l’autre.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et plusieurs autres pays annonceront leurs engagements pour lutter contre la corruption lors du sommet anticorruption le 12 mai, dont le Premier ministre David Cameron affirme qu’il changera la donne. La question est de savoir si ces engagements se traduiront par des mesures concrètes à l’égard des types de corruption les plus coûteux qui, aujourd’hui, se prolifèrent à l’échelle mondiale.

Malheureusement, le monde s’engage souvent dans des sommets, riches en communiqués, en appels à la coordination et à l’échange d’informations. Parfois, ces sommets mettent en place une initiative inefficace supplémentaire : donnant l’opportunité de créer et promouvoir des articles et photos qui servent les objectifs politiques précis de certains leaders politiques. Voyons si ce sommet sera diffèrent.

Au-delà du Panama

Le cabinet juridique Mossack Fonseca et son pays respectif, le Panama, ne sont que deux éléments dans le vaste et complexe ensemble de ” facilitateurs de la corruption et de l’évasion fiscale à l’échelle mondiale.

Pour ceux qui sont à la recherche de refuges discrets et de sociétés-écrans, la puissante nation des États-Unis (qui sans surprise n’apparaît pas beaucoup dans les Panama Papers) est une des destinations les plus attrayantes du monde : par example, dans l’état du Delaware la loi requiert moins de documents pour établir une société-écran que pour obtenir un permis de conduire. Comme on le voit dans l’illustration ci-dessous, c’est cette opacité, conjuguée à la taille du refuge qu’offrent les États-Unis, qui met le pays à la troisième place des juridictions les plus secrètes parmi une centaine évaluée par l’indice d’opacité financière (FSI). Le Panama est à la treizième place.

Illustration 1 : Indice d’opacité financière 2015 (Juridictions sélectionnées, d’après le réseau pour la justice fiscale)

 Figure 1: Financial Secrecy Index 2015 (Select jurisdictions, from the Tax Justice Network)

Source : Indice d’opacité financière du Réseau pour la justice fiscalehttp://www.financialsecrecyindex.com/introduction/fsi-2015-results

Ce graphique présente les 40 juridictions les moins performantes ainsi que quatre juridictions choisies pour leurs meilleurs résultats (à droite des pointillés). L’indice présente un score de secret qualitatif basé sur une quinzaine d’indicateurs et une mesure quantitative de l’importance d’une juridiction dans les exportations de services financiers à l’échelle mondiale.

Le Royaume-Uni est un important facilitateur de corruption : il n’a engagé aucune action contre ses juridictions et protectorats d’outre-mer qui servent de refuge aux richesses illicites, comme le démontrent clairement les ” Panama Papers. Les Iles Vierges britanniques, par exemple, est le lieu préféré de milliers de sociétés-écrans établies par Mossack Fonseca.

Au-delà des refuges fiscaux

L’affaire des ” Panama Papers ne concerne qu’indirectement les aspects essentiels de la question de la corruption mondiale, qui ne sont liés ni au Panama ni à la fiscalité. Nous devons envisager les scandales suscités sous un angle plus large et reconnaître les immenses et complexes réseaux de la corruption, qui lient de plus en plus les élites économiques et politiques mondiales.

La grande corruption

Les puissants individus qui s’engage dans la corruption à haut niveau, c’est-à-dire la corruption à large échelle ne sont pas inquiétés par l’affaire des ” Panama Papers. On trouve parmi ces individus des dirigeants kleptocrates ainsi que des oligarques qui exercent une influence majeure sur les affaires gouvernementales. Souvent, ces acteurs interagissent et s’associent, en formant des réseaux public-privé très puissants qui font passer pour un jeu d’enfant la définition traditionnelle de la corruption comme étant une transaction illégale entre deux parties.

Dans ces réseaux élitistes, la corruption excède largement le comportement immoral du fraudeur type, puisqu’elle utilise l’abus de pouvoir pour accumuler biens et pouvoir, souvent par le pillage direct des ressources publiques, la confiscation d’actifs ou la corruption à grande échelle. Le scandale à plusieurs milliards de dollars qui touche le géant pétrolier Petrobas au Brésil illustre la complexité de ces réseaux d’entente, et les moyens avec lesquels, la corruption à large échelle peut provoquer des dégâts politiques et économiques d’ampleur historique dans un pays.

Le secteur pétrolier offre de nombreux example de corruption à large échelle. Les dirigeants de la société Unaoil, dont un scandale similaire a récemment fait surface, ont sans doute été soulagés par l’affaire des ” Panama Papers Unaoil est une société monégasque ” facilitatrice de droit qui a versé des pots-de-vin et influencé des responsables gouvernementaux dans différents pays pour le compte de compagnies multinationales se disputant de juteux contrats d’approvisionnement. Bien qu’éclipsé par l’affaire du Panama, le cas d’Unaoil est aussi emblématique les enjeux inhérents à la lutte contre la corruption mondiale. Il illustre par exemple la pratique fortement enracinée des responsables gouvernementaux irakiens qui demandent des dessous de table en échange de l’attribution de contrats, ainsi que l’empressement des entreprises à verser ces pot-de-vin.

Les élites corrompues, notamment celles qui sont impliquées dans le scandale Unaoil, utilisent souvent des structures telles que les sociétés-écrans et les paradis fiscaux (et les investissements immobiliers ou autres) pour dissimuler leur biens mal-acquis. Toutefois, si l’affaire des Panama Papers incite à plus de vigilance sur les flux financiers illicites et engendre la réforme de ces structures financières opaques, la corruption à large échelle se poursuivra dans nombreux endroits. Il est à noter que les retombées politiques se sont concentrées dans des pays relativement bien gouvernés, qui ont instauré des systèmes anticorruptions et de responsabilisation, comme en témoignent les démissions du Premier ministre islandais, du ministre de l’industrie espagnol et du dirigeant de la section chilienne de Transparency International.

En revanche, le président Vladimir Poutine a balayé d’un revers de la main les fuites d’information sur la Russie, les considérant comme une conspiration occidentale contre sa personne. En Chine, le débat et la diffusion de ces informations ont été étouffés par la censure des médias ; en Azerbaïdjan, la révélation des détails concernant les intérêts miniers de la famille du président Aliyev ne menace guère sa mainmise sur le pouvoir. Il est à espérer que les réformes découlant de l’affaire du Panama dissuaderont les fraudeurs ainsi que les entreprises et les particuliers aux pratiques immorales de dissimuler leur argent bien mal acquis. Toutefois, les dirigeants corrompus continueront à bénéficier de l’impunité.

Corruption légale et captation de l’État

Les Panama Papers ont mis en lumière le type de corruption qui est sans doute le plus dévastateur et le plus dure à contrecarrer : la corruption légale et la captation de l’État. Partout dans le monde, de puissantes élites économiques et commerciales influencent indûment les lois et les politiques, en redessinant les règles du jeu pour leur propre bénéfice, un phénomène aussi connu sous le nom de ” privatisation de la politique publique et des lois. Une pratique qui génère des revenus exorbitants pour les élites, renforce leur pouvoir et exacerbe les disparités politiques et économiques d’un pays.

Les pays riches en ressources naturelles fournissent de nombreux exemples. En Angola, en République démocratique du Congo, au Nigéria et au Venezuela, par exemple, les élites politiques ont utilisé des sociétés publiques exploitant les ressources naturelles pour servir leur népotisme, souvent – mais pas uniquement – par des moyens légaux.

Dans beaucoup de pays industrialisés, le système fiscal est en lui-même un exemple de captation de l’État. Il est dans l’intérêt des élites de conserver un réseau mondial de sociétés offshore et de paradis fiscaux secrets pour pouvoir dissimuler leur patrimoine – qu’il ait été acquis légitimement ou non. Les preuves d’évasion fiscale aux États-Unis sont révélatrices : selon Zucman, depuis les années 1950, le taux réel de l’impôt sur les sociétés a été réduit de 45 à 15 pour cent, alors que le taux nominal est seulement passé de 50 à 35 pour cent. Et les sociétés américaines font un usage optimal des paradis fiscaux à l’étranger : d’après un nouveau rapport d’Oxfam, les 50 plus grandes multinationales américaines ont rapporté en 2008 que 43 pour cent de leurs revenus réalisés à l’étranger provenaient de cinq paradis fiscaux, représentant seulement 4 pour cent des effectifs étrangers de ces sociétés. En outre, Bourguignon rappelle que les taux d’imposition fédéraux des Américains les plus riches ont diminué de 15 pour cent entre 1970 et 2004.

Le risque de corruption légale aux États-Unis est important, l’argent privé pouvant très facilement influencer les affaires publiques. Suite à l’arrêt Citizen United rendu par la Cour suprême en 2010 [qui permet la participation financière des entreprises aux campagnes politiques], les fonds privés issus de poches bien garnies dirigent de plus en plus les campagnes électorales. Les moyens par lesquels l’argent privé influence les représentants publics pourraient encore se multiplier, si les formes de corruption traditionnellement considérées comme illégales devenaient légales. Selon une décision en instance de la Cour Suprême, il pourrait désormais être légal pour les responsables publics d’accepter les dons en nature des particuliers (ce qui pourrait annuler la condamnation d’un ancien gouverneur de l’État de Virginie accusé précisément de ce délit).

Quelles mesures prendre ?

En Bref, Il n’y a pas de solutions simple et directe, d’autant plus que les décideurs tirent profit de ce statu quo. Mais l’opportunité de réforme et la pression publique sont actuellement présentes. Comme nous l’avons évoqué, la question de la lutte contre la corruption entraîne souvent des mesures symboliques et l’annonce par David Cameron d’une nouvelle agence mondiale anticorruption pourrait très bien tomber dans cette catégorie. Les pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni devraient plutôt prendre des mesures concrètes pour réformer leurs propres pratiques et pousser leurs partenaires à faire de même, qu’il s’agisse des dépendances de la Couronne et des territoires britanniques d’outre-mer, de l’Union européenne et des membres du G20 ou des bénéficiaires d’une aide internationale.

Premièrement, il faudrait prendre la corruption légale et la captation de l’État au sérieux

La transparence peut changer les règles du jeu, particulièrement si elle s’attaque aux réseaux d’influence par lesquels la politique se ” privatise. La divulgation des contributions financières aux campagnes électorales, des conflits d’intérêts, des avoirs détenus par les hommes politiques et les responsables publics (et de leurs avis d’impôts), des délibérations et votes parlementaires sont autant de moyens d’éviter les abus et de révéler les réseaux cachés qui sont à l’œuvre. La publication récente de la première salve de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) est encourageante : son rapport ” Le financement de la démocratie, s’attache à quelques études de cas. La suite logique serait d’habiliter l’organisation à développer des normes et mener des évaluations sur le financement politique de tous les pays de l’OCDE.

La transparence ne sera utile que si les citoyens peuvent mener un examen attentif de leurs gouvernements et dialoguer avec eux. L’espace civique est en danger dans de nombreuses juridictions où les activistes et les journalistes sont la cible d’intimidations, de poursuites, voire pire. Garantir la liberté d’expression et de réunion devrait être l’affaire de tout acteur international concerné par la lutte contre la corruption ou la gouvernance économique. Par exemple, lors de l’examen des demandes de financement de gouvernements ayant un piètre bilan en matière de protection de la société civile – comme c’est le cas de l’Angola et de l’Azerbaïdjan – la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, ainsi que les donateurs comme les États-Unis, devraient privilégier la responsabilisation citoyenne et des réformes de transparence plus ambitieuses.

En outre, la corruption à large échelle ne s’évincera pas en l’absence de poursuites ou d’autres sanctions efficaces contre ceux qui se laissent corrompre ou contre les facilitateurs et les intermédiaires de la corruption qu’ils soient avocats, comptables ou entremetteurs comme Unaoil. Bien sûr, les autorités chargées d’appliquer la loi doivent aussi rester vigilantes vis-à-vis des sociétés qui versent les pots-de-vin et à cet égard, les gouvernements – notamment les membres de l’OCDE instaurant, à des degrés divers, la Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption – feraient bien d’imiter la mise en œuvre effective de la loi américaine sur la corruption dans les transactions à l’étranger (FCPA). Mais les individus corrompus et les facilitateurs n’ont pas été suffisamment surveillés et sanctionnés.

Deuxièmement, il faudrait se débarrasser des zones d’ombre.

Les leçons tirées des événements récents, de la crise financière de 2008 à l’affaire des Panama Papers, indiquent que les principaux acteurs internationaux ne devraient pas permettre que de vastes fractions de l’économie mondiale échappent à un examen attentif. Les États-Unis et le Royaume-Uni (et ses territoires d’outre-mer) devraient répondre aux appels à mettre fin à l’opacité et aux paradis fiscaux. Quelques premières tentatives émergent, telle que la décision du gouvernement américain demandant aux banques de révéler l’identité des individus se cachant derrière les sociétés-écrans. Des mesures plus ambitieuses seront toutefois nécessaires, ceci comprend des dispositions législatives.

La transparence sur la propriété réelle doit devenir une procédure opérationnelle standard, avec des États qui suivent l’exemple du Royaume-Uni, des Pays-Bas et d’autres pays qui ont établi des registres publics et soutiennent le projet d’un registre mondial. Quant aux pays riches en ressources naturelles, un bon point de départ serait d’établir des registres spécifiques au secteur. Cette pratique est maintenant imposée par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives.

Au sein du secteur extractif, les gouvernements des pays d’accueil devraient soumettre les négociants de matières premières à des exigences de divulgation des paiements lorsqu’ils font affaire avec les gouvernements et les entreprises publiques. Les gouvernements de pays comme la Suisse, le Royaume-Uni et Singapour, qui abritent des acteurs du monde de l’entreprise, ont une lourde responsabilité, particulièrement dans le contexte actuel de faible prix des matières premières, où les négociants concluent de nouveaux contrats profitables avec des pays producteurs de ressources à court d’argent. Eclaircir telles zones d’ombre les rendra moins vulnérables aux abus.

Troisièmement, il faudrait donner la priorité à la transparence et au contrôle lors de l’allocation de ressources publiques.

Lorsqu’un gouvernement attribue des ressources pour l’exploitation, il doit le faire de façon tout à fait transparente. L’initiative Open Contracting Partnership a fait de grandes avancées dans la définition d’une norme de référence pour de telles informations, notamment en matière d’orientation sur les questions de l’ouverture des données, des identificateurs des sociétés et de la propriété réelle.

Les recherches sur la corruption dans les secteurs pétrolier et minier menées par le Natural Resource Governance Institute montrent que de multiples allocations à forte valeur nécessitent un examen attentif et une divulgation du contrat. Elles comprennent l’attribution des permis d’exploration et de production, mais aussi des droits d’exportation, d’importation ou de transport, qui ont été associés à la corruption dans des pays comme l’Indonésie, la République du Congo et l’Ukraine. La plupart des affaires liées au secteur pétrolier et portées devant les tribunaux dans le cadre de la FPCA aux États-Unis ont surgi à l’occasion de l’attribution de marchés de service, un segment de l’industrie pétrolière qui concernait également les scandales Unaoil et Petrobras. La transparence devrait être le ” paramètre par défaut de toute transaction allouant des ressources publiques. Il est nécessaire d’exercer un contrôle supplémentaire des régimes de taux de change mis en œuvre et abusifs, qui génèrent des revenus pour quelques-uns et engendrent des disparités économiques majeures, comme c’est le cas actuellement au Nigeria, au Venezuela et en Égypte.

Pour espérer un impact réel, il faudra aussi s’attaquer frontalement au principe d’impunité, puisque la transparence et la liberté d’expression sont certes nécessaires, mais insuffisantes. Et les Etats, y compris les États-Unis et le Royaume-Uni, devront adopter des réformes pour lutter contre la corruption légale et l’opacité sous toutes ses formes, que ce soit en s’attaquant à la mainmise de l’argent en politique ou aux ” zones d’ombre entourant les négociants pétroliers installés à Genève et Londres.

Un engagement ambitieux à lutter contre la corruption et l’impunité n’est pas seulement une nécessité actuelle, mais aussi une revendication de nos sociétés, comme l’ont montré les événements au Brésil et ailleurs. Ce pourrait être le moment décisif de faire de réelles avancées à l’échelle mondiale.

This piece is also available in English and Spanish.

Authors

  • Daniel Kaufmann
  • Alexandra Gillies

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Union representing 7-Eleven workers says it has evidence that ‘cash-back scheme’ is still alive and kicking

By Dan Cox

The union representing 7-Eleven workers in the NSW Hunter region says it has evidence of a cash-back scheme, where employees are paid correctly on paper but blackmailed into giving back half their pay.

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From Panama to London: Legal and illegal corruption require action at the UK anti-corruption summit

By Daniel Kaufmann and Alexandra Gillies

Reuters/Darrin Zammit Lupi - Protestors take part in a demonstration calling on Maltese Prime Minister Joseph Muscat to resign after two members of his government were named in the Panama Papers leak scandal, outside the office of the Prime Minister in Valletta, Malta, April 10, 2016.

The leaked information in the Panama Papers from the law firm Mossack Fonseca has captured the headlines for weeks and will continue to do so as further names are exposed. The scandal has placed Panama in the limelight and provided an unprecedented glimpse into the world of hidden money and tax avoidance. To understand its broader context, it is vital that we distinguish between legal corruption, like that exposed by the Panama Papers, and illegal corruption, like that exposed by the Unaoil scandal. Governments must seize the moment to take decisive action against both.

The U.S., the U.K., and a range of other countries will announce commitments to combat corruption at the Anti-Corruption Summit on May 12, championed by Prime Minister David Cameron as a game-changing event. The question is whether these commitments will deliver concrete actions that target the most costly kinds of corruption that flourish globally today.

Unfortunately, the world often engages in “summitry” filled with communiques, calls for coordination and exchanging information, or creating another toothless generic initiative, which offer media and photo opportunities that fulfill particular political objectives for some leaders. Let us see if it’s different this time.

Beyond Panama

Mossack Fonseca, and its home country Panama, are just a couple nodes in the vast and complex set of “enablers” of corruption and tax evasion around the world.

For those seeking secret shelters and corporate shells, the mighty U.S. (which unsurprisingly doesn’t feature much in the Panama Papers) is one of the world’s most appealing destinations: Setting up a shell corporation in Delaware, for instance, requires less background information than obtaining a driver’s license. As seen in the chart below, this opacity, coupled with the size of the U.S. as a haven, means that it has been ranked the third most secretive jurisdiction among close to 100 assessed by the Financial Secrecy Index. Panama is 13th.

Figure 1: Financial Secrecy Index 2015 (Select jurisdictions, from the Tax Justice Network)

 Figure 1: Financial Secrecy Index 2015 (Select jurisdictions, from the Tax Justice Network)

Source: The Tax Justice Network’s Financial Secrecy Index http://www.financialsecrecyindex.com/introduction/fsi-2015-results

This graph depicts the top 40 worst performing jurisdictions as well as four select better performing jurisdictions (right of dashed line). The Index combines a qualitative secrecy score based on 15 indicators and a quantitative measure of a jurisdiction’s share in global financial services exports.

And the U.K. is an important enabler of corruption: It has stood by as its offshore jurisdictions and protectorates operate as safe havens for illicit wealth, which the Panama Papers make clear. The British Virgin Islands, for example, were the favored location for thousands of shell companies set up by Mossack Fonseca.

Beyond tax shelters

The Panama Papers speak only indirectly to core aspects of today’s global corruption challenge, which are neither about Panama nor taxes. We ought to view the resulting scandals in a broader light, and recognize the immense, complex webs of corruption that increasingly link economic and political elites around the globe.

Grand corruption

The most powerful figures who engage in high-level or “grand” corruption are hardly running scared following the Panama leak. These figures include kleptocrat leaders as well as oligarchs who wield enormous influence on government affairs. Often, these players interact and collude, forming high-powered public-private networks that make the traditional notion of corruption as an illegal transaction between two parties look like child’s play.

Corruption in these elite networks far transcends the unethical behavior of the typical tax avoider, as it involves the abuse of power to accumulate power and assets, often via the direct plunder of public resources, asset stripping, or large-scale bribery. The multi-billion-dollar scandal embroiling the Brazilian oil giant Petrobras illustrates the complexity of colluding networks, and how grand such corruption can inflict political and economic damage of historical proportions on a country.

The oil sector provides many more illustrations of grand corruption. Few company officials may have been more relieved by the Panama Papers leak than those at Unaoil, whose own scandal had just erupted. Unaoil is an “enabler” company incorporated in Monaco that bribed and influenced government officials in various countries on behalf of multinational companies vying for lucrative procurement contracts. While overshadowed by the Panama leaks, the Unaoil case is at least as emblematic of the challenges in tackling global corruption. For instance, it shows the deeply ingrained practice of Iraqi government officials seeking bribes for the award of contracts and the willingness of companies to provide them.

Corrupt elites, including those embroiled in the Unaoil scandal, often use structures like shell corporations and tax havens (along with real estate and other investments) to hide their ill-gotten funds. However, even if the Panama Papers leak prompts more scrutiny on illicit financial flows and the reform of these opaque financial structures, grand corruption will continue in many locations. It is noteworthy that the political fallout has been concentrated in relatively well-governed countries that do have accountability and anti-corruption systems in place, as illustrated by the resignations of the prime minister of Iceland, the industry minister of Spain, and the head of Chile’s Transparency International chapter.

In sharp contrast, President Vladimir Putin brushed off the leaked Russian information as a Western anti-Putin conspiracy; in China, discussion and dissemination were muffled by media censorship; and, in Azerbaijan, exposure of details on President Aliyev’s family mining interests will hardly dent his hold on power. While reforms leading from the Panama leaks will hopefully deter tax dodgers and unethical corporations and individuals from hiding dirty assets, powerful corrupt leaders will continue to enjoy impunity.

Legal corruption and state capture

The Panama Papers shed a sliver of light on the type of corruption that is perhaps most damaging and difficult to tackle: legal corruption and state capture. Around the world, powerful economic and political elites unduly influence laws and policies, shaping the rules of the game for their own benefit, or what has been called the “privatization of public policy and lawmaking.” This generates huge rents for the elite, increases their power, and exacerbates a country’s political and economic inequality.

Resource-rich countries provide many illustrations. In Angola, the Democratic Republic of Congo, Nigeria, and Venezuela, for example, political elites have used state-owned resource companies to serve patronage agendas, often—though not exclusively—through legal means.

In many industrialized countries, an example of state capture is the tax system itself. It is in the interest of elites to safeguard a worldwide network of secret offshore companies and tax havens as places to hide wealth—whether acquired legitimately or illicitly. The evidence on tax avoidance from the U.S. is telling: According to Zucman, since the 1950s the effective rate of corporate tax has decreased from 45 to 15 percent, whereas the nominal rate has only decreased from 50 to 35 percent. And U.S. companies make full use of foreign tax havens: According to a new Oxfam report, the top 50 American multinationals reported in 2008 that 43 percent of their foreign earnings came from five tax havens, accounting for only 4 percent of the companies’ foreign workforces. Further, Bourguignon reports that federal tax rates on the richest Americans fell by 15 percent between 1970 and 2004.

Risks of legal corruption in the U.S. run high because private money can so easily sway public affairs. Following the 2010 Citizen United ruling by the Supreme Court, private funds from deep pockets increasingly dominate the conduct of electoral campaigns. The avenues for private money to influence public officials may widen further, if forms of bribery traditionally considered illegal become legalized. A forthcoming Supreme Court decision could make it legal for public officials to receive gifts and other benefits from private individuals (potentially overturning the corruption conviction of a former Virginia governor for doing exactly that).

What should be done?

Upfront, there are no easy solutions, especially because powerful decision-makers benefit from this status quo. But there is the opportunity, and public pressure, to reform. As mentioned, the cause of tackling corruption often attracts token gestures, and David Cameron’s announcement of a new global anti-corruption agency could be at high risk of falling into this category. Rather, countries like the U.S. and U.K. must take firm action to reform their own practices, and push for the same from their partners such as the U.K. crown dependencies and overseas territories, the European Union and G20 members, and the recipients of overseas aid.

First, take legal corruption and state capture seriously.

Transparency can be one game changer, especially if it addresses the channels of influence through which policy becomes “privatized.” Disclosures of campaign finance contributions, conflicts of interests, assets held by (and tax returns filed by) politicians and public officials, and parliamentary deliberations and votes can all discourage abuse and reveal hidden networks at play. Encouragingly, the Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD) recently issued their first salvo, the report “Financing Democracy,” focusing on a few selected case studies, and as a next step it should be empowered to develop standards and carry out assessments on political finance for all OECD countries.

Transparency will only help if citizens can actively scrutinize and engage with their governments. Civic space is under attack in many jurisdictions, with activists and journalists facing intimidation, prosecution, or worse. Securing rights of expression and assembly should be the business of any international actor concerned with anti-corruption or economic governance. For instance, when considering funding requests from governments with weak records on protecting civil society—like Angola and Azerbaijan—the World Bank and International Monetary Fund as well as donors like the U.S. should prioritize civic accountability as well as broader transparency reforms.

Furthermore, grand corruption will not decline without more effective prosecutions and other sanctions that target bribe-takers, as well as the facilitators and middlemen of corruption, be they lawyers, accountants, or fixers like Unaoil. Of course, law enforcement authorities should also remain vigilant against bribe-paying companies; and governments—including OECD members implementing to varying degrees the OECD foreign bribery convention—would do well to emulate the active enforcement of the U.S. Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) in this regard. But bribe-takers and facilitators have not faced sufficient scrutiny and sanction.

Second, get rid of shadowy corners.

Lessons yielded by recent events from the 2008 financial crisis to the Panama Papers suggest that major global players should not allow large corners of the global economy to escape scrutiny. The U.S. and the U.K. (with its offshores), should heed the calls for dismantling secrecy and tax havens. Seeds of effort, such as the U.S. government’s decision to require banks to know the identities of the individuals behind shell companies, are now coming to light, but broader efforts, including legislation, will also be required.

Beneficial ownership transparency should become standard operating procedure, with governments following the example of the U.K., the Netherlands, and others in setting up public registries, and joining the movement toward a global registry. In the case of resource-rich countries, establishing sector-specific registries may be the right place to start. This practice is now mandated by the Extractive Industries Transparency Initiative.

Within the extractive sector, home country governments should subject commodity traders to payment disclosure requirements when doing business with governments and state-owned companies. Governments of countries like Switzerland, the U.K., and Singapore that are home to corporate actors shoulder significant responsibility, especially in the current era of low commodity prices, when traders are entering into profitable new deals with cash-strapped resource-producing countries. Shining light in dark corners like these will render them less susceptible to abuse.

Third, prioritize transparency and scrutiny when public resources are allocated.

Whenever a government allocates resources for exploitation, it ought to do so in a fully transparent fashion. The Open Contracting Partnership has made great strides in defining a gold standard for such reporting, including guidance on issues such as open data, corporate identifiers, and beneficial ownership reporting.

Natural Resource Governance Institute research on oil and mining sector corruption shows that multiple types of high-value allocations require scrutiny and contract disclosure. These include the allocation of exploration and production licenses, but also on export, import, or transport rights, which have been associated with corruption in countries such as Indonesia, the Republic of Congo, and Ukraine. And most of the oil sector cases prosecuted under the U.S. FCPA have arisen around the award of service contracts, a segment of the oil industry where the Unaoil and Petrobras scandals also took place. Transparency should be the default setting for any transactions that allocate public resources. Further scrutiny is also needed on the abuse of (mis-)managed exchange rate regimes that generates rents for the few and creates major economic distortions, such as currently in Nigeria, Venezuela, and Egypt.

Concrete impact will also require a major attack on impunity since transparency and freedom of expression are necessary, but insufficient. And governments including those of the U.S. and the U.K. should adopt reforms to address legal corruption and various forms of opacity—whether addressing the capture by money in politics or the “dark corners” among oil traders headquartered in Geneva and London.

An ambitious commitment to tackling corruption and impunity is not only needed now, but demanded by societies, as events in Brazil and elsewhere show. This is a potentially “game-changing” global moment to make real progress.

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  • Daniel Kaufmann
  • Alexandra Gillies

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